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Suite au rapport d’Amnesty International sur la Côte d’Ivoire, le gouvernement Ivoirien s’est fourvoyé

 

 

L'ONG Amnesty international  dans son rapport du 16 novembre 2020 sur la Côte d’Ivoire accuse les autorités Ivoiriennes  d’arrestation arbitraire d’opposants, de répression de manifestants de l’opposition. Elle appelle le gouvernement Ivoirienne au respect des Droits Humains, à libérer tous les opposants arrêtés,  à enquêter sur les violences sanglantes et à traduire les responsables présumés de ces agissements en justice. Voulant se défendre face à ses graves allégations,  le gouvernement  Ivoirien s’est fourvoyé. Le porte-parole du gouvernement  affirme que ces allégations sont sans fondement. « Aucune personne n'a été arrêtée arbitrairement. Les personnes arrêtées l'ont été sur la base de notre loi pénale», souligne le ministre Sidi Tiémoko. Cette déclaration du gouvernement  présente des incohérences et montre la volonté manifeste du pouvoir RHDP de tronquer la vérité et  instaurer un régime de non droit, une dictature. Si les personnes  arrêtées  ne l’ont pas été arbitrairement comme l’insinue le gouvernement Ivoirien,  sur quelle base le président du CIDP, Babily Dembélé a -t-il  été arrêté puisque ses ravisseurs n’ont  présenté aucun mandat d’arrêt lors de son enlèvement ? En effet, Babily Dembélé et ses collaborateurs ont été enlevés le mercredi 21 octobre 2020 aux environs de 13h30  dans les locaux de la société CIAD-Primo  sise à la Riviera 3, par  une trentaine de personnes encagoulées, puissamment armées. Les personnes enlevées ont été amenés à la DST. Après quelques jours de détention, le leader du CIDP et ses proches ont été déférés à la Maca   le lundi 26 octobre 2020 où ils ont été mis  sous mandat de dépôt. Monsieur le ministre, comment peut-on qualifier cette forme d’arrestation ? Un enlèvement, une arrestation arbitraire ou  une dictature ?  Babily Dembélé a été enlevé avant le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. Il n’a non pas pris part  aux  rencontres du CNT. Autre chose, Babily n’a pas été  pris ni avec des armes  parce qu’il  préparait un coup d’Etat ni sur la Les personnes arrêtées l'ont été sur la base de la loi pénale. Son arrestation est donc tout sauf une arrestation normale. C’est tout cela qu’Amnistie international dénonce.

S.A

Le dernier rapport d’Amnesty International sur la Côte d’Ivoire

Les témoins avec lesquels elle s’est entretenue ont raconté les scènes de violences post-électorales dans le cadre d’affrontements croissants entre des sympathisants de l’opposition et du parti au pouvoir depuis le 31 octobre. Dans certains cas, les forces de sécurité ont été submergées, incapables de faire barrage aux violences imputables aux deux camps.

« Nous demandons aux autorités ivoiriennes d’enquêter sur ces violences sanglantes et de traduire les responsables présumés de ces agissements en justice. L’impunité qui règne de longue date en Côte d’Ivoire offre un terreau fertile à ceux qui se livrent à des homicides et bafouent les droits humains sans craindre d’être amenés à rendre des comptes, a déclaré Samira Daoud, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International.

« C’est la deuxième fois en 10 ans que des élections en Côte d’Ivoire sont émaillées de violences. Il faut prendre sans délai des mesures afin de protéger la population et faire clairement savoir que ces meurtres ne resteront pas impunis. »

Des violences ont éclaté dans plusieurs villes du pays à l’approche de l’élection présidentielle et se sont prolongées après le scrutin. Selon le Conseil national des droits de l’homme, entre le 31 octobre et le 10 novembre, le bilan s’élève à 55 morts et 282 blessés.

En outre, des dizaines de membres de partis de l’opposition ont été interpellés, dont le leader Pascal Affi N’Guessan, arrêté dans la nuit du 6 au 7 novembre.

La semaine dernière, les violences se sont intensifiées dans le centre de la Côte d’Ivoire, notamment dans les villes de Mbatto, Elibou et Daoukro.

À Mbatto, entre le 9 et le 10 novembre, une manifestation de l’opposition s’est soldée par au moins deux morts et des dizaines de blessés, dont cinq se trouvent dans un état critique, d’après les informations reçues par Amnesty International.

Selon des témoins, les sympathisant·e·s du parti au pouvoir ont attaqué les manifestant·e·s en leur jetant des pierres, ce qui a par la suite déclenché de violents affrontements à coups de machettes et de pistolets, tandis que les forces de sécurité étaient submergées.

Un témoin a expliqué à Amnesty International :

« Ils ont commencé avec des pierres, puis des machettes et finalement on a entendu des coups de fusil […] Nous avons été violemment agressés […] Ils ont commencé à mettre le feu, à saccager et à nous tirer dessus. Les gendarmes qui se trouvaient au milieu pour disperser la foule avec des gaz lacrymogènes se sont découragés. Nous nous sommes retrouvés livrés à nous-mêmes. »

Selon un autre témoin, au moins 24 personnes ont été blessées par armes à feu les 9 et 10 novembre. Cinq se trouvaient dans un état critique et n’ont pas pu être évacuées en raison des violences. « Nous n’avons jamais vu ça, habituellement les gens prennent des machettes, mais cette fois-ci, ils avaient tous des armes à feu », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Amnesty International a constaté l’arrestation de dizaines de membres de l’opposition en marge de l’élection, après que l’opposition a appelé à la désobéissance civile, à boycotter le scrutin, à créer un Conseil national de transition et à rejeter la réélection du président Alassane Ouattara.

Le leader de l’opposition Pascal Affi N’Guessan a été arrêté dans la nuit du 6 novembre et détenu au secret jusqu’au 9 novembre. Durant ces quelques jours, il n’a pas pu communiquer avec sa famille ni son avocat. Pascal Affi N’Guessan a affirmé qu’il n’avait pas vu la lumière du jour pendant 60 heures. Il est visé par 30 chefs d’accusation, notamment « attaque et complot contre l’autorité de l’État, assassinat et actes de terrorisme ». Son avocat n’a réussi à le voir que lors de sa comparution devant le juge le 9 novembre. Depuis, ni son avocat ni sa famille n’ont pu entrer en contact avec lui. Il est pour l’instant impossible de confirmer le lieu où se trouve Pascal Affi N’Guessan. Les autorités doivent lui permettre de communiquer avec son avocat.

Le 3 novembre, 21 personnes ont été arrêtées de manière arbitraire au domicile du leader de l’opposition Henri Konan Bédié. Cinq se trouvent toujours en détention ; il s’agit de Maurice Guikahué, numéro deux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), des sénateurs Seri Bi N’Guessan et Bassy Koffi Bernard, et de Narcisse N’dri Kouadio, directeur de cabinet d’Henri Konan Bédié. Ils ont à répondre de 16 chefs d’inculpation, notamment d’« attaque et complot contre l’autorité de l’État ». Les forces de sécurité sont toujours postées autour des domiciles de l’ancien ministre Hubert Oulaye et de Pascal Affi N’Guessan, et personne ne peut y entrer ni en sortir. Amnesty International estime qu’il s’agit d’une restriction arbitraire du droit de circuler librement de toutes les personnes se trouvant à l’intérieur de ces bâtiments.

Cette vague d’arrestations d’opposant·e·s politiques fait suite à une autre série d’arrestations un peu plus tôt cette année. En août, Amnesty International a signalé une vague d’arrestations visant des dissident·e·s politiques. Entre le 13 août et le 25 octobre, au moins 41 personnes ont été interpellées à Abidjan, Korogho, Toumodi et Alepe pendant qu’elles manifestaient ou après avoir appelé à manifester. Il s’agit entre autres de cinq membres du parti d’opposition GPS, arrêtés le 13 août alors qu’ils se rendaient à une manifestation, et de Pulchérie Edith Gbalet, coordinatrice de l’ONG Alternatives Citoyennes (ACI), interpellée le 15 août à l’hôtel où elle était descendue avec deux collègues après avoir appelé la population à manifester contre un troisième mandat d’Alassane Ouattara.

« La répression croissante visant les leaders de l’opposition et les détracteurs du gouvernement constitue une offensive contre les droits humains. Les autorités ivoiriennes doivent rétablir le droit de circuler librement des personnes se trouvant aux domiciles des leaders de l’opposition en mettant fin à la mission des forces de sécurité qui y sont stationnées, a déclaré Samira Daoud.

 « Elles doivent libérer immédiatement et sans condition Pascal Affi N’Guessan et toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Enfin, elles doivent s’engager à créer un espace où les citoyen·ne·s peuvent exprimer librement leurs opinions et manifester pacifiquement, sans crainte d’être arrêtés, agressés ou tués. »

Le 9 novembre 2020, le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire a validé l’élection du président Alassane Ouattara au premier tour, au lendemain du scrutin présidentiel du 31 octobre. Les violences post-électorales font suite à de précédents épisodes houleux depuis qu’Alassane Ouattara a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. En août, Amnesty International a dénoncé le fait que la police a laissé des hommes armés de machettes attaquer des manifestants le 13 août dans le quartier de Yopougon, à Abidjan. Entre le 19 et le 21 octobre, à Dabou, des heurts entre sympathisants du parti au pouvoir et de partis de l’opposition se sont soldés par 16 morts et 67 blessés.

Le 11 novembre, le président Alassane Ouattara a rencontré Henri Konan Bédié à Abidjan. D’après les médias, Alassane Ouattara a déclaré qu’ils allaient œuvrer pour la paix, ajoutant que cet entretien avait permis de « briser le mur de glace et rétablir la confiance ».

 

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